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Analyse Football

L’opération commando de Tudor peut-elle conduire la Juve en Champions League ?

Sacha

Sky Sport décrypte la personnalité et les méthodes de l’ancien joueur, devenu aujourd’hui entraîneur principal de la Vieille Dame, à travers l’analyse de spécialistes du football italien.

IGOR TUDOR - 1
Le nouvel entraîneur de la Juve a du poids sur les épaules - IMAGO / IPA Sport

Une blague sur Khéphren Thuram pour fêter sa première conférence de presse d’entraîneur principal. Une victoire méritée au Juventus Stadium face au Genoa avec un but du nouveau chouchou de la Curva. Malgré la blessure musculaire de Federico Gatti (qui devrait être absent un mois), Igor Tudor ne pouvait pas rêver meilleur début pour entamer sa nouvelle aventure chez les Bianconeri.

Loin des lumières pendant dix mois après son départ de la Lazio, l’ancien international croate a longtemps souffert de l’image rugueuse d’un sauveur dont la méthode fait rapidement perdre patience à ses supérieurs hiérarchiques, comme le confirme Mathieu Grégoire, journaliste au journal L’Équipe, qui a assidûment suivi la période Tudor sur la Canebière : « Cela s’est mal passé d’entrée. À Marseille, il a repris un groupe empreint de certitudes et qui avait terminé dauphin de Ligue 1. En arrivant, il a voulu tout révolutionner en passant d’un jeu de possession et de position à un football direct, avec comme conséquence l’écartement de cadres de l’équipe comme Gerson, Guendouzi, Cengiz Ünder ou encore Dimitri Payet. La situation s’est envenimée assez vite, notamment avec un joueur (Gerson) qui a failli quitter le stage d’été en 2022 pour désaccord. Il les a fait courir. Malgré les sifflets des supporters lors du match d’ouverture contre Reims, on avait rarement vu un entraîneur avec des idées aussi novatrices au Vélodrome depuis Marcelo Bielsa. »

Un schéma rafraîchissant, construit sur du jeu direct, où les phases de un contre un se répartissaient sur tout le terrain… jusqu’au jour où tout a basculé, comme le confirme le spécialiste de l’OM, Mathieu Grégoire : « Il était déjà malheureux parce qu’il vivait au centre d’entraînement, loin de sa famille, mais lorsqu’il a appris qu’un membre de sa famille était malade, c’était la fin. Il buvait du vin à la commanderie avec ses adjoints pour tenir le choc, pour améliorer le quotidien et passer le temps, il sentait que Javier Ribalta (directeur sportif de l’époque) et Pablo Longoria – qui sont des gens qui se lassent vite – préparaient déjà l’avenir, et donc sur la fin de saison on l'a senti moins impliqué à partir de la défaite contre le RC Lens. Son défaut, qui peut parfois également devenir sa force, c’est le management à la dure avec un côté ‘ours polaire’, c’est-à-dire qu’il est rustre. »

Tout est radical avec Tudor : on l’adore ou on le déteste. Si la Juventus connaît sa capacité à aller au clash, le natif de Split reste un homme fiable. Alors que Thiago Motta se plaisait à une rotation excessive dans la gestion du brassard, il a tranché dans le vif, nommé Manuel Locatelli, amenant une réponse claire et définitive à une question souvent en suspens dans le vestiaire piémontais. Qui plus est, l’homme aux 149 matches de Serie A joue peut-être le rôle de sa vie dans le club où il avait remporté deux titres de champion d’Italie et deux Supercoppas d’Italie. Son objectif est clair : obtenir une place qualificative pour la Ligue des Champions.

En est-il capable ? Spécialiste du football italien, Valentin Tullio intervient dans le podcast Calcio e Pepe, dédié à la Serie A : « C’était le meilleur pompier de service dont la Juventus pouvait rêver. On voyait bien que le club fonçait dans le mur avec Thiago Motta, car ses principes de jeu n’ont jamais été assimilés par les joueurs. La méthode Tudor correspond à la situation et à l’effectif actuel des Bianconeri. »

Il fallait une secousse, et qui de mieux qu’un enfant de la maison pour séduire un public en manque d’identité juventina ? « Sur huit matches, son modèle peut tenir le coup. Qui plus est, les Juventini n’ont que trois affiches à gérer, dont l’importante confrontation à l’Olimpico face à l’AS Roma, qui fera office de quitte ou double. »

En installant une animation défensive à trois défenseurs, en offrant le couloir droit à Nico González et la clé du jeu à Kenan Yıldız, le technicien croate de 46 ans a déjà marqué de son empreinte le Piémont. Même si l’absence de Federico Gatti remet ces nouveaux automatismes en perspective, l’obligeant certainement à retrouver le quatuor de son prédécesseur, Igor Tudor va devoir provoquer sa chance en misant sur les seules certitudes du week-end dernier. Un funambulisme dangereux, mais nécessaire pour que la Vieille Dame retrouve sa cure de jouvence : la Ligue des Champions.

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